L’expérience combattante dans une guerre totale

Par Coline Colin, 1ere S3

Chemin des dames -oeuvre commémorative .( photo élève1ere S3  E. T

Chemin des dames -oeuvre commémorative .( photo élève1ere S3 E. T

Début aout 1914 démarre la mobilisation à une guerre que l’on pense alors « courte », or elle durera 5 ans, jusqu’en novembre 1918.

Les causes de la 1e guerre mondiale sont multiples : rivalités économiques des puissances européennes, concurrence sur les rares espaces a coloniser (la France et l’Allemagne veulent tous les deux le Maroc), revendications territoriales de la France (perte de l’Alsace-Loraine face à l’Allemagne en 1870) et de l’Italie. Le poids et la peur de la guerre se font ressentir, le terme « paix-armé » est employé, c’est pourquoi des alliances militaires vont alors se former : la Triple Alliance (avec l’Italie, les empires allemands et austro-hongrois) face à la Triple Entente (composée de la France, l’Empire Russe et le Royaume-Uni) afin de se préparer a cette guerre. Mais c’est l’assassinat de François-Ferdinand, héritier au trône d’Autriche-Hongrie, le 28 Juin 1914 qui est le détonateur du conflit. Les gouvernements concernés font alors appel à l’effort de tous, effectivement la Première Guerre mondiale ne se limitera pas aux champs de bataille, elle aura des répercussions sur l’ensemble de la société, de là elle sera dite être une « guerre totale ». Quelles répercutions et quels problèmes engendra cette guerre à la fois sur le front avec les soldats, mais aussi a l’arrière avec les civils ?

La  guerre mondiale est une guerre moderne ne serait ce que sur sa forme de combat ; effectivement la guerre se déroule à la fois dans le ciel avec les avions, sous la mer avec les sous-marins (ce qui d’ailleurs sera la cause de l’entrée en guerre des Etats-Unis en 1917) et évidemment sur terre. Alors que les soldats sont habitués aux conflits frontaux engendrant des guerres « courtes » ici la guerre de mouvement échoue dès l’automne 1914 et les soldats se retrouvent obligés de camper sur leurs positions. Les gouvernements concernés par cette guerre demandent rapidement l’aide des industries, comme Renault ou Citroën pour la France ou encore Krupp pour l’Allemagne, et des sciences afin d’innover les techniques de guerre et même l’uniforme des soldats considéré comme trop voyant puisque les soldats français étaient habillés de rouge et de bleu, couleurs repérables au loin, et ne les protégeant pas assez, au début de la guerre seul les Allemands disposaient de casques en fer. Les soldats se retrouvent vulnérables faces à l’apparition de nouvelles armes de combat toujours plus destructrices. Les bombardements d’artilleries occasionnent 75% des pertes directes, les éclats d’obus mutilent, tuent, ensevelissent bon nombre de vivants. Sous les coups de feu des canons, des mortiers ou encore des mitrailleuses (capable de tirer plusieurs centaines de bales par minutes) bon nombre de soldats vont perdre la vie dès la 1ère année de guerre. Pour faire face à se massacre les Britanniques et les Français rajoutent à leurs armées les soldats de leurs colonies comme l’Afrique du Nord et l’Asie. Et afin de tenter de survivre les soldats se glissent dans des tranchées creusées dans des trous d’obus, une citation retrace bien ce cas de figure : « pour survivre il faut soit de la chance soit une pelle ». De là ils donnent la mort a distance, sans voir leur ennemie, balançant des grenades à droite, à gauche.

Si le fait d’être entassé dans des tranchées permet aux soldats de ne pas voir leurs ennemies et ainsi diminue leur part de culpabilité de tuer, ces tranchées les obligent à vivre dans des conditions épouvantables. A leur quotidien s’ajoute la vue des blessés et des morts, accompagnés de l’odeur de décomposition de leur cadavre, entrainant le partage de ces tranchées avec de nombreux parasites comme les poux ou les rats ; ces rats seront d’ailleurs un fléau pour ces soldats, s’infiltrant dans les tranchées et véhiculant toutes sortes de maladies à travers leurs morsures. De plus l’uniforme dont ils disposent n’est pas du tout approprié avec les conditions météorologiques. Les tranchées étaient recouvertes jusqu’à 70cm de boue et les soldats n’étaient équipés que des godilles non-étanches. Le pied constamment en contacte avec l’eau entrainera des maladies comme le « pied de tranchées » autrement dit le pied se décompose dans la chaussure en obligeant par la suite l’amputation. Leurs vestes et pantalons étaient également fabriqués dans des matériaux très peu pratique puisqu’ils mettaient un certain temps a sécher, à cause de ça de nombreux soldats mourront de froid notamment ceux venus des colonies d’Afrique habitués à un autre climat. Les conditions hygiéniques étaient par conséquent elles aussi pitoyables, ils disposaient parfois d’un seul et même baquet d’eau pour que plusieurs hommes fassent leurs toilettes et cela pendant plusieurs jours. Ils doivent également faire face a l’ennuie et à la violence des bombardements constant des raids aériens. Tout ceci, ajouté à l’épuisement physique et moral, fait sombré de nombreux soldats dans la folie, l’alcool ou encore la consommation de drogue, développant pour la plus part des troubles psychiques (« stress post-traumatique ») comme l’amnésie, les tremblements, le mutisme (perte de parole).

Dès le début de la guerre nombreux sont les hommes qui souhaitent rentrer et quitter le front (cf. doc 1 « malheureusement les miens ne veulent pas geler »). Mais leur ténacité s’explique par de nombreux facteurs comme le devoir militaire « tuer pour ne pas être tué » ou encore le devoir patriotique, tout cela sous le poids de contraintes, effectivement en cas de désertification aux combats les soldats risquaient de lourdes peines comme les soldats fusillés pour l’exemple suite aux mutineries de 1917. Néanmoins l’esprit de camaraderie, de solidarité, de convivialité était présent dans les tranchées par exemple les Anglais entre deux bombardements prenaient le thé ensemble afin d’amener un peu de gaité et de souvenirs de leur pays. Cette obligation à rester statique dans un trou engendre le développement de l’artisanat populaire comme les sculptures (dans des restes d’éclats d’obus par exemple) représentant principalement le Christ, la foi en la religion notamment en la religion chrétienne, principale religion à cette époque.

Brevet de Marianne photo musée de Péronne .E Tinland

Brevet de Marianne photo musée de Péronne .E Tinland

Le moral des soldats est soutenu grâce a la correspondance qu’ils entretiennent avec l’arrière à travers l’échangent de lettres principalement. Ils peuvent également recevoir des colis avec de la nourriture, des vêtements. Les moments que les combattants apprécient le plus reste lorsqu’ils obtiennent des permissions afin de rejoindre leur famille à l’arrière. Ces permissions vont de 2 à 4 jours et ils s’en voient accordé une tous les 4 mois environ, ceci leur permettant de pouvoir surtout se reposer et s’alimenter.

Si plus de 65 millions de soldats (13 millions pour l’Allemagne et 8,5 pour la France) ont été mobilisés dans cette guerre, l’arrière comprenant les civils ne déméritent pas. L’Etat oriente l’économie vers un effort de guerre. Toutes les industries se reconvertissent dans la production de matériel de guerre : armes, obus, camions, chars, sous-marins etc … et tournent à plein régime afin que le front ne manque d’aucune munition. C’est la course à l’armement pour ravitailler la guerre. Face à une mobilisation importante, la main d’œuvre manque, c’est la que les femmes principalement interviennent, mais également les vieillards et même certains travailleurs des colonies sont rapatriés. Les femmes travaillant dans les usines seront appelées « les munitionnettes ». Elles tiennent une cadence très lourde ainsi qu’une grande responsabilité est posée sur leurs épaules. Malgré l’ampleur de la tâche les femmes vont grâce à cela se sentir enfin utile dans la société, elles vont enfin pouvoir s’imposer dans cette guerre.
Mais la guerre ne nécessite pas seulement des armes, il faut aussi nourrir les soldats par exemple. Tous les secteurs d’activités sont ainsi indispensables que ce soit le secteur primaire, secondaire ou tertiaire. Toutes les personnes n’étant pas sur le front sont recrutées et mises au travail que ce soit pour assembler des obus ou pour cultiver des pommes de terres, aucune tâche n’est laissée de coter. L’Etat met en place un système d’économie dirigiste et prends en main la direction de la production.
Afin que les civils ne flanchent pas et qu’ils continuent cet effort de guerre l’Etat crée un système de propagande appelé « bourrage de crâne » dans le but de contrôler ces civils. L’Etat contrôle tous les supports pouvant être porteur d’information sur la guerre. Ainsi les lettres des soldats pour leurs familles seront lues avant d’arriver à destination et toutes celles porteuses de mauvaises nouvelles seront détruites. La presse doit également faire face à la censure et ne divulguer que des informations disant que la France avance et l’Allemagne recule, de même pour les discours diffusés à la radio. De nombreuses affiches, dites « affiches de propagande » sont créées dans le but d’encourager l’effort économique et financier car la guerre a un coût important et l’Etat qui s’endette chaque jour un peu plus notamment au près des Etats-Unis incite les civils a donner leur or. Ces affiches sont très parlantes et des thèmes récurrents en ressortent comme le patriotisme : ce n’est pas parce qu’on ne combat pas qu’on ne doit rien faire, il faut défendre notre sol, ils donnent leur sang on peut au moins donner notre argent. Les soldats sont placés au rang de héros, mais ce qui revient le plus souvent est la diabolisation de l’ennemi, on pousse à le haïr. L’Allemand est souvent représenter sous forme d’un animal pour montrer qu’il n’y a rien d’humain chez ces gens là. Même à l’école les manuels scolaires sont changés, des coloriages ou encore des jeux montres aux enfants dès leur plus jeune âge à savoir différencier le méchant du gentil.

Photo du bombardement de la ville de Craonne -photo E.Tinland 1eS3

Photo du bombardement de la ville de Craonne -photo E.Tinland 1eS3

Entre le 19e et le 20e siècle des règles ont été écrites pour protéger les populations non-combattantes durant les conflits, car si les civils ne sont pas au cœur même des conflits la violence de la guerre les affecte par bien des manières. Lors des invasions les civils se retrouvent vulnérables faces aux forces des armées et sont rapidement pris pour cible. Ils doivent faire face aux exécutions, viols, et prises d’otages ainsi qu’aux pillages et saccages de leur maison, des bâtiments publics, des archives, des richesses culturelles et artistiques du village.
Bon nombre d’entre eux vont fuir laissant tout derrière eux. La Belgique sera un des pays les plus touchés alors qu’il était à l’origine neutre au conflit ; la ville de Dinant perdra 10% de sa population à cause de la violence de ces troupes d’invasions, conduisant un important exode de Belges vers la France. Pour donner un chiffre au total entre aout et octobre 1914 plus de 6500 civils belges et français sont exécutés.
Le passage à une guerre de position tend à limiter la répercussion des armes de combat sur les villages mais ceci n’est pas toujours le cas. Après les destructions liées strictement aux opérations militaires s’ajoutent les dévastations causées par les bombardements visant à affaiblir l’ennemie en détruisant les établissements artisanaux et industriels, ainsi que les champs agricoles par exemple, ceci occasionnent encore et toujours des morts.
De plus les civils doivent également faire face d’une certaine manière à la mobilisation, puisque celle-ci entraine la séparation forcée de couples, familles et amis. Les civils restent dans le noir, ignorant ce qui se passent réellement sur les fronts. Ils attendent. Ils n’ont qu’une hantise recevoir une lettre ou apprendre d’un soldat voisin en permission que mari, frère, oncle ou encore cousin est mort au combat. Cette guerre occasionnera 525 000 veuves de guerre et plus de un million d’orphelins en Allemagne contre 193 000 veuves et 345 000 orphelins pour les britanniques.

Les combats de la 1ere guerre Mondiale cesseront le 11 Novembre 1918. Cette guerre aura mobilisé toutes les populations, civils et militaires, métropolitaines et coloniales, des plus jeunes au plus âgés. Le constat est sans appel : cette guerre fut la cause de souffrances abominables sur les fronts mais également à l’arrière, de nombreux livres comme Les croix de bois de Roland Dorgelès ou Le Feu d’Henri Barbusse en retranscrivent l’horreur. Quelques années plus tard un nombre important d’édifices sera construit en l’honneur de toutes les personnes qui auront donné leur vie dans cette guerre, aujourd’hui toutes les villes et villages comptent au moins un édifice du souvenir. Mais les édifices pour les soldats ne seront pas les seuls nouveaux bâtiments en construction puisque cette guerre qui aura causé énormément de perte obligera les pays à fortement augmenter son nombre d’orphelinats par exemple. De plus le 11 novembre est aujourd’hui un jour férié, cette année tout particulière puisque nous fêterons les 100 ans de la fin de cette guerre.

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