Jean vigouroux de Beauvoisin

Mon arrière arrière grand-père paternel  Jean

Par Danaé Lauret et Inès Barthélémy, 3°4

Je relate ici le témoignage de mon grand-père qui m’a raconté le parcours de mon arrière arrière grand-père paternel durant la première guerre mondiale.

Jean Vigouroux est né en 1888 dans un petit village nommé Beauvoisin, à proximité de Montpellier.

C’est au début de la guerre, en 1914, que mon arrière grand-père fut mobilisé dans la cavalerie, alors qu’il avait 28 ans. Son régiment fut transporté en train jusqu’à Paris, puis il rejoignit le département de la Marne, dans le Nord-Est de la France à cheval.

Durant la période appelée « la drôle de guerre », le régiment de mon aïeul était installé dans un camp à l’écart, derrière la ligne du front. De 1915 à 1916, il a participé à diverses batailles. Il était alors adjudant (sous-officier). En 1915, il fut légèrement blessé d’une balle à la cuisse ; il fut donc hospitalisé mais pu reprendre le combat rapidement.

 1916,  la bataille de Verdun

 L’hiver arriva. Les soldats étaient sans cesse confrontés au froid, à la boue, au sang, aux poux, aux maladies… Les bombardements, le tir des fusils ou des mitrailleuses ne cessaient pas. Ils finirent par s’y habituer… Et la nourriture… elle était infecte ! Chaque jour mon grand-père se voyait de plus en plus faible.

Les généraux français décidèrent de mobiliser la cavalerie pour tenter une percée. Son régiment fut lancé contre les forces allemandes qui se défendaient avec des mitrailleuses. La moitié des cavaliers français fut tuée. Les survivants furent faits prisonniers. Mon aïeul en faisait partie. Il fut déporté dans un camps de prisonnier en Bavière, dans le Sud de l’Allemagne.

La défaite, la peur, et surtout l’angoisse régnait ; l’angoisse de ne plus revoir sa famille, son pays, de ne plus jamais pouvoir remettre les pieds sur sa propre terre, la terre de ses racines…

Les tentatives d’évasion héroïques

Mon grand-père tenta de s’évader du camp allemand accompagné de deux autres soldats, en coupant des grillages, mais ils furent rattrapés à proximité du camp par des gardes. Ils ont retenté cette expérience une seconde fois, mais ils échouèrent à nouveau. C’était pour eux un devoir de s’évader afin de rejoindre leur patrie. Alors ils firent une nouvelle tentative qui fut une réussite : ils creusèrent pendant plusieurs nuits un tunnel sous terre qui passait sous la clôture du camp. Une fois évadés, ils se dirigèrent vers la Suisse en contournant les villages pour éviter de se faire repérer Ils marchaient la nuit à travers les campagnes pour rejoindre les frontières suisses. Le jour, ils se cachaient dans la forêt.

Arrivé en Suisse, pays neutre qui ne participait pas à la guerre, Jean Vigouroux se présenta aux autorités qui lui permirent de rentrer en France en train. Il envoya une lettre à sa femme et ses quatre enfants, en leur annonçant qu’il serait de retour trois jours plus tard. Son arrivée fut accueillie comme un évènement dans le village. Les retrouvailles avec sa femme et ses enfants furent empruntes de joie et d’émotion.

Il n’a malheureusement pas eu beaucoup de temps pour profiter de ses proches, car dix jours plus tard, il dut repartir à la guerre, dans le Nord Est de la France. Il fut alors nommé officier, reçu la médaille des évadés et la légion d’honneur.

C’était alors la période ou la France reçut le soutien des américains, au printemps 1917. Les petits chars américains remplacèrent les chevaux dans les assauts contre l’ennemi. Le régiment de mon aïeul suivait à cheval les chars américains; la guerre était alors moins dangereuse pour la traditionnelle cavalerie française.

11 novembre 1918, l’armistice

Jean Vigouroux fut démobilisé et put ainsi rentrer au pays où il démarra une activité de négociant en vin et de viticulteur.

Jean racontait son histoire avec une certaine fierté, car sa bravoure fut reconnue mais il avouait aussi faire souvent des cauchemars. En effet, malgré l’héroïsme et le patriotisme la guerre et ses horreurs furent traumatisantes pour mon aïeul comme pour toute la société.

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