Eugène Zeigneur: mon arrière Grand Père

Par Loïck Olivier 1ère S5

Jean Claude Zeigneur

Jean Claude Zeigneur

Lui, c’est mon grand-père, Jean-Claude Zeigneur, né en 1932 dans une petite ville de l’est de la France, Villiers en lieu. Il n’a aucun souvenir de sa mère, morte en 1925 d’une leucémie alors qu’il avait seulement 7 ans. Les seuls liens qui lui restent avec elle sont ses lettres et documents qu’il m’a confiés. Quand je l’interroge sur ce que sa famille lui a raconté de la première guerre mondiale il me répond que personne n’en parlait vraiment mais que l’assourdissant bruit des tires provoqués par la grosse bertha était le seul souvenir qu’on lui avait transmit. En effet ce canon placé proche des tranchées allemandes pouvait atteindre la capitale en produisant pour les habitants qui habitaient sur le trajet de l’obus un bruit infernal, et ce même la nuit.

Eugène Zeigneur

Eugène Zeigneur

 Son père lui, Eugène Zeigneur, fut envoyé au front dès le début de la guerre alors qu’il avait seulement 19 ans. Il participa au premier combat, reçu les premières balles, fut blessé à la main droite et, parce qu’il avait la chance d’être droitier, fut déclaré inapte au combat avant même que les tranchées soient creusées. Cette blessure l’handicapa à vie mais lui permis d’éviter quatre ans de misères, dans des conditions horribles, et une mort au front plus que probable.

Mon arrière grand père dans le bataillon

Mon arrière grand père dans le bataillon

Eugène Zeigneur en uniforme de soldat (1er rang 2e en partant de la droite) avec une partie de son bataillon, on peut lire sur le visage de ses frères d’armes une lueur d’inquiétude, tous ont le visage fermé, les sourcilles froncés, comme s’ils soupçonnaient déjà les trop nombreuses atrocités auxquelles ils allaient devoir faire face. L’un d’eu ne regarde même pas le photographe.

Les tranchées ne sont pas encore présentent lorsque mon arrière grand-père arrive au front. La guerre de mouvement fait toujours rage et la végétation est encore présente, c’est le début d’une longue guerre. A l’époque, les soldats ne semblent pas traumatisés à l’approche de la guerre, ils posent devant la ligne française comme le ferait un visiteur devant la tour Eiffel.

Mon arrière grand-père n’a connu que cette partie de la guerre en tant que soldat très vite blessé, il est envoyé à Lourdes un regroupement de plusieurs soldats blessés et réformés, des milliers de soldats encore au front les envies.

Mon arrière grand-mère elle semblait être marraine de guerre, parmi les documents que mon grand-père m’a donné, j’ai pu seulement retrouver un brouillon d’une lettre qu’elle a envoyé. Dedans elle répond à un courtisant qu’elle est déjà fiancée (alors qu’elle ne l’ai pas encore) tout en restant courtoise et sympathique, une correspondance semble déjà avoir été établis puisqu’il s’agit là d’une réponse à une précédente lettre. La lettre datant de 1917, on peut supposer que la correspondance avait pour but de redonner le moral au poilu combattant dans une guerre devenue qui était devenue beaucoup trop longue.

Mon arrière grand mère : marraine de guerre

Mon arrière grand mère : marraine de guerre

 

Suite de sa lettre de marraine de guerre

Suite de sa lettre de marraine de guerre

Parmi les autres documents prêtés par mon grand-père je suis tombé sur deux archives non signé :

La première est un calendrier, le calendrier des poilus, présentant l’année 1918. A chaque mois est associé un conseil pour tenir au front et un dicton. On peut par exemple y voir écrit pour le mois de Janvier :

« Notre bell’France tu serviras toute ta vie très passiemment » ou « Dans les tranchées tu descendras ton bidon plein, joyeusement » au mois de mars ou encore « Aux boches grenades tu lanceras en leur cassant la gueule sûrement« .

Poilus

Poilus

La deuxième archive non signée est selon le titre le « journal de bord des tranchés ». Tout au long de ce journal un soldat compare les tranchées à la rue en ville.

« Dans la rue on vend des grenades,
Dans la tranchée on vous les lance gratuitement à la tête.
On couche peu dans la rue
On couche beaucoup dans la tranchée
Dans la rue il survient des petits accidents qui provoquent de grandes émotions,
Dans la tranchée il arrive de grands accidents qui causent de petites émotions.
Dans la rue on plaint un blessé léger, dans la rue on le félicite.
Un coup de feu dans la rue c’est un évènement.
Un coup de feu dans la tranchée c’est que tout est normal,
Dans la rue on peut voir l’époux et l’épouse, dans la tranchée on ne voit que les poux…, mais Dieu que ca manque d’épouses. »
 

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